note de mise en scène

On peut toujours tourner autour du pot, chercher des justifications intellectuelles, gloser pendant des heures sur l'utilité métaphysique, politique d'une telle œuvre… la nécessité de cette re-création du « fil à la patte » tient en fait en peu de mots : l'envie, le plaisir, la joie presque enfantine de se dire : « on va le monter, le jouer et prendre un plaisir fou ; le reste… »

Le reste, c'est réunir autour de soi une équipe désireuse de partager une manière d'emballer un peu plus la mécanique Feydeau en interprétant plusieurs rôles à la fois. C'est ainsi que la pléthore de personnages de la pièce se retrouve pris en charge par 4 comédiens survoltés qui passent de l'un à l'autre à vue, gérant ces « marionnettes » sur le fil du rasoir, ces pantins-équilibristes de leur propre vie.

Car c'est toute la force comique de Feydeau que de nous faire rire avec des personnages profondément sérieux et empêtrés dans leurs petits mensonges, dans leur petitesse de petits bourgeois, dans leur compromis d'hommes et de femmes « du monde ». Et c'est sans doute parce que leurs préoccupations sont les nôtres que nous les comprenons si bien et que nous rions sans retenue au spectacle de leur drame ; l'identification est totale parce que nous nous empêtrons quotidiennement dans des « aventures » dont nous ne comprenons même pas comment nous avons pu nous y laisser entraîner : et c'est avant tout cela qui nous touche dans cette si belle mécanique tant de fois vanter, ces caricatures de nous-mêmes, ces travers que nous prenons pour nous.

Le reste…